Différence entre l'Hypnose de spectacle et l'Hypnose thérapeutique

La pratique de l’hypnotisme souffre d’amalgame voire de dichotomie. D’un côté, vous avez l’hypnothérapeute de l’autre l’hypnotiseur de spectacle, de divertissement. Et bien que les deux utilisent les mêmes processus de modification d’état de conscience, leur finalité comme leurs modalités sont antinomiques.


Tout le monde demeure très sensible à la suggestion, à l’auto-suggestion. De fait, notre conscience peut agir directement sur les perceptions que nous avons de notre environnement direct. Pour peu, qu’un professionnel du divertissement sache méthodiquement lui suggérer des images, des réalités endogènes, notre conscience consentira avec discipline à suivre l’animateur. Mais outre le consentement de circonstance, cela reste un exercice brutal pour « l’expérienceur ». Les suggestions, rapides, violentes et dominatrices, sont destinées à jeter promptement l’individu dans un état dirigé : la suite ne sert que le spectacle.

L'Hypnose de spectacle


Lorsqu’un hypnotiseur utilise ces techniques sur des spectateurs perméables à la suggestion, il ne vise que le spectaculaire, qu’épater l’auditoire. Sa démarche ne prône en rien une quelconque utilisation bienfaisante de ce processus envers le cobaye. Que ferait-elle là d’ailleurs ?


Toutes les démonstrations, souvent grotesques, de suggestions de groupe sont là pour fasciner les curieux : que n’a-t-on pas vu de positions scabreuses obtenues par suggestion. Malheureusement et in fine, cela ne plaide pas en faveur de l’hypnothérapie ou encore de son utilisation en milieu hospitalier, si utile en succédané à l’anesthésie chimique, par exemple.


Conséquence : le doute et la méfiance se diffusent dans les foules à la suite des numéros d’hypnotisation collective. Le quidam se sent vulnérable face à ce « redoutable » pouvoir.


L'Hypnose thérapeutique


L’hypnothérapie ne cesse de se déployer en milieu médicalisé. Là où, les thérapeutes l’utilisaient avec parcimonie, notamment en psychiatrie ou en thérapie brève, désormais, c’est tout le corps médical qui s’ouvre à ces techniques.


Aucun spectacle, pas de légèreté, le sérieux d’application, la recherche, le développement, la protection de l’intégrité du patient contribuent à créditer l’état modifié de conscience comme un acte médical à part entière.


Le thérapeute accompagne le patient, collabore avec lui, le conduit en douceur vers l’état modifié. Il ne le percute pas de suggestions comme dans les shows, il suscite chez lui un état de bien-être par une imagerie bienfaisante. Ainsi, l’hypnothérapie devient une alternative au traitement chimique de la souffrance.


De nombreuses indications sont prises en charge avec succès :

  • la gestion du stress, de l'anxiété, de l'angoisse, de la déprime, de la dépression, du burn-out, de l'insomnie, ...,

  • les douleurs chroniques traitées comme les migraines, la lombalgie, ...,

  • les peurs et phobies,

  • la gestion du trac, de la confiance en soi, ...,

  • les troubles du comportement comme les compulsions, les tics verbaux et/ou gestuels, ...,

  • les addictions, comme l'arrêt du tabac, de l'alcool, ...,

  • le poids,

  • etc.

Sans compter sur les apports physiologiques (substances) que l’hypnothérapie prodigue à tout le corps. L’action circonscrite dans le cerveau grâce à l’IRM permet d’authentifier la sécrétion d’hormones bénéfiques dans cet état : la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline, etc., toutes ces substances régulatrices sont produites à cette occasion et prodiguent au sujet un ressenti de bien-être : chose inexistante chez le cobaye de l’hypnotiseur de gala.


Conclusion


Il reste assez déplacé de comparer ces deux pratiques. En effet, l’une dévoie l’utilité de cette puissance, la ridiculise, en fait une attraction de foire, une menace tandis que l’autre œuvre au bien-être, à la santé du patient par un processus naturel.


Évidemment que l’hypnose spectacle dessert l’hypnothérapie, mais cela n’est pas rédhibitoire. Cette capacité de notre conscience à se déplacer dans la perception du monde et de nous-mêmes n’est qu’aux prémices de ses utilisations.


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